Mardi 6 mai 2008

L'Europe des personnes

 Pour
soutenir la composante d' "Europe des Personnes" proposée par un précédent intervenant  - se basant sur une phrase de Jean Monet - il me semble utile d'insister sur l'aspect "communication - pédagogie"

Dès avant la signature du traité de Rome, mais qui s'est accéléré ensuite, le mouvement visant à un bilinguisme Germano-Français/Franco-Germanique a été voulu et concrétisé. L'Allemand était alors la seconde langue de toute l'Europe de l'Est et du Nord et le Français encore un véhicule crédible des relations politiques et culturelles internationales. Pour d'étranges raisons l'enseignement de l' Allemand en France a été vite ressenti  - ou fut-il délibérément présenté ainsi ?  - comme "élitiste" et il n'est pas convaincant d'affirmer que l'élitisme est un de nos penchants naturels.
Il n'y aura pas de communauté viable si les personnes ne peuvent communément communiquer entre elles et l' Anglais est maintenant trop connoté "Américain" pour pouvoir être encore perçu comme une langue véhiculaire européenne. Cela ne ferait en outre que conforter la volonté  -  dans le domaine culturel et vernaculaire - d' asservir l'Europe à l' Atlantisme. Le retour dans le commandement unifié de l'OTAN doit être compris comme un des éléments de ce mouvement.
S' il est regrettable que les Britanniques n'aient encore pas, en majorité, le réflexe de défendre cet élément de leur identité, je ne peux exclure que, malheureusement, la désaffection des Français pour l' Allemand n'y aie pas contribué. Je ne crois pas que mon seul goût pour la langue de Rudyard Kippling, Charles Dickens, James Joyce et Keats etc....  -  mais sans rejeter John Steinbeck ....  -  justifie ma conviction qu'ils auraient rejoint (et voudraient encore rejoindre) une alliance (culture comprise)  de la langue (et du pays) d'Albert Camus avec la langue de Goethe, Thomas Mann et Hermann Hesse, si cette alliance là était aussi forte qu'elle était prévue. Et je veux encore croire que cela est possible, parce que c'est nécessaire.
La pratique commune de l' Allemand, en France, doit devenir au moins aussi réelle que celle de l' Anglais pour préserver l'identité culturelle, et donc politique, de l' Europe, et cet objectif ne serait pas élitiste.

Sans que le facteur langue soit, en lui seul, un élément déterminant (peu le sont, à eux seuls, dans la vie internationale ou autre ) c'est néanmoins une composante induisant lourdement les orientations politiques à long terme, et l'option, atlantique ou européenne, de l'Europe - option qui est le corolaire des choix linguistiques - est manifestement un choix lourd de conséquences. Il y a Trente ans déjà la diplomatie britannique devait expliquer ce dilemme.  Il était déjà d'actualité, compliqué par la nécessite de choisir entre soit rallier la puissance, semblant définitivement établie, des USA ( et de participer à son hégémonie sur le monde ) ,  soit rallier une force naissante en Europe, autour de l' Allemagne et de la France, quitte à n'y devoir espérer qu'un rôle de parité. Je ne crois pas que l' Angleterre ait encore choisi mais je suis persuadé qu'un lien fort entre l'Allemagne et la France inspirera confiance à l'Angleterre pour qu'elle se rattache à une Europe européenne, laissant l'atlantisme ( notion vidée de sens et de nécessité ) couler doucement .........   dans l'atlantique !   Même si certains peuvent sembler "à contre courant" les choix linguistiques peuvent être lourds de signification, et de conséquences.



François Donval (Marseille)

par force_hyeres
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Retour à la page d'accueil

Recherche

Derniers Commentaires

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

Calendrier

Août 2008
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31
             
<< < > >>
 
Blog : Occulte sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus