9 MAI – JOURNEE DE L’EUROPE
58 ans plus tôt…
Nous sommes le 9 mai 1950, la photo ci-dessus a été prise dans le salon de l’Horloge du ministère des affaires étrangères à Paris.
Au fond de la pièce devant l’imposante cheminée, un homme est debout avec, tenu par sa main gauche, le texte de la déclaration qu’il va faire.
C’est homme, c’est Robert Schuman, Ministre des Affaires Etrangères de la France.
Devant la presse qu’il a convoquée, il va prendre la parole : Discours du 9 mai (vidéo).
Fac-similé du projet définitif de la déclaration de Robert Schuman du 9 mai 1950.
Ce projet définitif était le neuvième; l'équipe de Robert Schuman y mettait la dernière main, le 6 mai 1950.
Source: Fondation J. Monnet pour l'Europe, Lausanne.
Cette déclaration a été écrite avec l’aide de Jean Monnet, Commissaire au Plan.
Elle marque symboliquement le début de la construction européenne
Rappelons le contexte…
Depuis cinq ans les canons ne se font plus entendre en Europe.
Notre continent est sorti laminé par ce conflit.
Entre 1939 et 1945, l’Europe a vraiment souffert !
Victimes humaines, Shoah, déplacements de populations, destructions…
Un véritable champ de ruine, matériel mais aussi moral !
La paix est à peine rétablie, mais déjà à l’Est, une autre menace s’est profilée.
Selon l’expression de Winston Churchill, un rideau de fer s’est abattu sur l’Europe, de Stettin sur la Baltique à Trieste sur l’Adriatique (discours de Fulton, 5 mars 1946 en français, et en version originale: ici ).
A l’Ouest, la reconstruction de l’Europe a été un immense chantier; cette reconstruction a été rendue possible notamment grâce à l’aide apportée par le Plan Marshall. En 1950, tout est pourtant loin d’être fini.
Un groupe d’hommes politiques visionnaires réfléchissent
depuis un moment à un:
« Plus jamais ça »
Il s’agit de trouver enfin ensemble les moyens de créer les conditions d’une paix durable en Europe.
Comment y aboutir ?
Jean Monnet, Robert Schuman, les français ; Konrad Adenauer, Walter Hallstein, les allemands ; Paul-Henri Spaak, le belge ; Altiero Spinelli, Alcide de Gasperi, les italiens…
Ils sont une poignée d’hommes à se rencontrer par-delà les clivages partisans, mais plus encore, par-delà les frontières pour réfléchir aux moyens de semer les graines d’une paix durable entre les nations et les peuples, hier encore rivaux et si prompts à se déchirer.
De leurs réflexions et échanges a fini par jaillir une idée fulgurante !
Plutôt que de garantir la paix par des traités politiques pourquoi ne pas créer une institution supranationale qui aurait en charge la gestion du charbon et de l’acier ?
A cette époque, on l’a peut-être oublié aujourd’hui, ces deux matières premières étaient la base de la puissance militaire, le "nerf de la guerre" en somme.
Toute la force de cette volonté sincère de paix, nous la retrouvons dans la déclaration de Robert Schuman. Il annonce ce 9 mai 1950, la création d’une Haute Autorité franco-allemande du charbon et de l’acier dans une organisation ouverte à la participation des autres pays d’Europe.
C’est la préfiguration de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA) qui sera créée l’année suivante en 1951. Jean Monnet en sera le premier Président.
La suite, c’est toute notre histoire.
C’est une succession d’étapes dans le grand dessein d’aboutir à la création d’une Europe unie et diverse, composée de nations et de peuples ayant choisi librement une communauté de destins.
S’il ne fallait retenir qu’une seule phrase de la déclaration du 9 mai 1950 (discours intégral, version texte) que j’ai maintes et maintes fois lue et relue, sans hésitation ce serait celle-ci :
« L'Europe ne se fera pas d'un coup, ni dans une construction d'ensemble :
elle se fera par des réalisations concrètes créant d'abord une solidarité de fait. »
Je ne me lasse pas d’en mesurer la portée visionnaire tant un demi-siècle de construction européenne y est esquissée.
Cette phrase, chaque européen devrait l’avoir à l’esprit lorsqu’il doute…
Avec des hauts, parfois avec des bas, l’Europe a toujours gardé confiance dans son avenir.
Et demain ?
Quel(s) chantier(s) ?
Pour quelle Europe ?
A chacun d’entre-nous,
d’apporter sa pierre
à la construction durable d’une Europe
citoyenne & démocrate
sociale & solidaire
Pour nous-mêmes
&
Pour les générations futures
Vive l’Europe !
Thierry P.
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