Vendredi 31 octobre 2008

«  Tout compromis repose sur des concessions mutuelles mais il ne saurait y avoir de concessions mutuelles lorsqu'il s'agit de principes fondamentaux » .


Cette citation de Gandhi illustre ce qui a guidé et motivé ma récente démarche de Conseillère Nationale en PACA.


Depuis quelques jours, je ne compte plus les appels et mails me demandant de m'exprimer sur « l'affaire » et s'étonnant aussi que mon blog soit resté au parloir ...


Ca n'est plus un secret pour (plus) personne: j'ai été saisie par des adhérents de ma région (PACA) sur des faits qui m'ont été rapportés et dont ils ont, eux-mêmes, été les victimes. Certains bloggueurs  se sont exprimés sur le sujet, ici et . Mon ami Thierry s'exprime et rend sa carte et je m'en sens quelque part un peu responsable. Il a pris à coeur cette « affaire » au moins autant que moi. Mon amitié pour lui m'a autorisée à l'y associer, ce qui a finalement mis un coup d'arrêt à un engagement désintéressé et surtout d'une grande qualité. En effet, il a fourni un travail considérable, en apportant son expertise, non seulement dans l'Ain, mais aussi dans notre groupe de travail sur Internet, dans les commissions de Corinne Lepage et également sur d'autres projets . Je regrette sincèrement sa décision, même si je peux la comprendre.

 


Donc, sans rentrer dans les détails, je peux juste dire que ma démarche n'a pas abouti. Je ne vais pas m'attarder sur les raisons qui m'ont été données, je peux même en comprendre certaines. Je voudrais dire, même si ça n'a pas été compris par tout le monde, que si j'ai accepté de m'occuper de la demande de ces adhérents, c'est que je pensais qu'il était de mon devoir de Conseillère Nationale élue dans cette région concernée, de le faire. Cette « cause » que j'ai trouvée juste, je l'ai traitée en conscience, souhaitant, avant tout, qu'elle soit examinée en interne, et en conformité avec nos textes et plus précisément nos chartes.

Au-delà des faits, eux-mêmes, que l'on ne peut imaginer pour faire la « politique autrement », c'est surtout les fonctions occupées par la personne mise en cause par les victimes qui ont, en mon sens, justifié la saisine du Conseil National. A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles.

Aujourd'hui, je prends acte de la décision qui a été prise et je la respecte (même si je ne la comprends pas vraiment), parce que je me suis engagée dans un mouvement politique et que je me dois de respecter les décisions de nos instances. Mes ressentis, mes états d'âme ou états de services ne sont que peu de chose au regard des enjeux à venir.

Dès lundi, ayant pris acte de la décision de nos instances, j'ai donc jugé que ma « mission » s'arrêtait là. J'en ai informé les adhérents concernés par cette affaire. Il leur appartient désormais, à eux et à eux seuls, de saisir ou non le CCC s'ils souhaitent poursuivre. La justice, quant à elle, a été saisie par l'une des victimes.


Il est possible cependant que je ne sois pas totalement « déchargée » de cette affaire...à l'insu de mon plein gré. En effet, notre très cher membre du CCC, mis en cause, lui-même, dans cette affaire, aurait réuni plus d'une cinquantaine de signatures (alors que 20 auraient suffi...que d'honneurs!) pour...attendez, asseyez-vous d'abord...tenez-vous bien...ça y est ? ... aurait donc réuni des dizaines de signatures pour me déférer devant...le CCC ( instance disciplinaire de notre Mouvement) ! Motif ?... A vous de me le dire...parce que, croyez-moi, je cherche toujours...Mes « sources » m'ont parlé de « harcèlement » de ma part envers cette personne !

Bon, même si ces « rumeurs » semblent avérées, on m'a fait comprendre en « haut lieu » que ça ne pouvait aboutir. Le comique de la situation (si ça n'était pas profondément triste) c'est qu'en juillet dernier , je m'étais portée candidate pour siéger au CCC ! Donc j'irais sans doute au CCC, mais pas du côté que j'avais imaginé !...

Ca , c'était l'épisode « détente », car j'imagine que -comme moi- vous avez bien ri ! (et pourtant ça n'est pas un gag!).


Plus sérieusement, depuis dimanche, et c'est ce qui explique mon silence, j'essaie d'analyser ce mois passé à défendre une cause que je pensais juste et qui a conduit à un échec. Je cherche depuis un sens à tout « ça ». Est-ce que je me suis trompée à ce point ?


Dans le chemin d'une vie il y a des étapes, des bancs pour s'asseoir et se reposer ou se poser. Se poser des questions par exemple. Surtout si l'on doute de la direction de ce chemin. A chaque chemin, son détour, son croisement, sa fin.

J'ai emprunté il y a près de deux ans un chemin orange. Plus qu'un chemin, il s'élargissait en véritable boulevard un certain 24 mai 2007 . Le Boulevard du Mouvement Démocrate, celui qui allait faire naître une « génération nouvelle en politique ». Tout aussi modestement que prétentieusement je voulais en être.

Comme tant d'autres c'est le discours humaniste de François Bayrou qui m'a conduite au Mouvement Démocrate.

Enfin un homme politique qui parlait de valeurs, d'éthique, et qui voulait placer l'Homme au centre de toute préoccupation, bien avant les valeurs matérielles et fustigeant les abus de pouvoir.

Dénonçant l'écrasement des puissants sur les plus faibles ou les moins nantis.

La volonté de faire la politique autrement, de construire un mouvement qui véhicule des valeurs et cette vision d'une autre société, d'un autre monde, tout cela a nourri mon engagement et mon enthousiasme.

Depuis, avec des hauts et des bas, des imperfections dues à toute nouvelle construction, tout chantier d'envergure, j'ai essayé (je dis bien essayé) de construire un petit bout de cette « maison » où tant de monde voulait entrer.

C'est ainsi que mon engagement m'a valu d'être saisie, en ma qualité de Conseillère Nationale en région PACA, pour cette (désormais) affaire « marseillaise ».


Je ressens aujourd'hui un grand vide...

Pourtant, il ne m'est pas venu à l'esprit de rendre ma carte. Mon engagement n'est pas si fragile. Je me pose juste la question de savoir quel sera la forme que prendra celui-ci après ce que je vis comme une forme de renoncement à nos valeurs.

Etre élu, justifie-t-il de se comporter avec violence? Comment expliquer ces faits dans notre propre mouvement qui prône des valeurs humanistes,?

N'y a-t-il pas un décalage entre le discours de François Bayrou et les actes de certains de nos (hauts) représentants ?

Avons-nous une responsabilité de dénoncer de tels faits ou devons-nous nous taire pour de bonnes raisons que les nouveaux de la politique autrement que nous sommes, ne pouvons comprendre ?

Devons-nous être atteints d'un autisme démocrate à cause d'une pénurie d'élus, fabriquant et entretenant ainsi l'autocratie locale supême, incontestée et incontestable de certains?


Je suis aujourd'hui très partagée dans mon positionnement à venir...

Je suis sûre de mes doutes mais je doute de mes certitudes:

  • Rester simple adhérente, observatrice au Mouvement Démocrate? Me contentant de renouveler mon adhésion et mettre mon bulletin orange en 2012 ?

     

  • Ou au contraire continuer, voire renforcer, mon engagement, pour essayer de changer les choses de l'intérieur ? ...mais quelle prétention quand on « touche » à certaines réalités !

    A l'heure où je m'interroge sur la possibilité de remettre ma démission de Conseillère Nationale, une demande, dans mon département, se fait de plus en plus pressante, ces derniers temps : plusieurs adhérents, conseillers et délégués varois (et très étonnament plusieurs de mes plus farouches adversaires!) et même l'un des vice-présidents (on s'est frités bien des fois aussi!), sollicitent ma candidature au poste de Déléguée Départementale. Que faire ???...


Par nature, je suis une battante et n'ai pas l'habitude de renoncer. Mais aujourd'hui la question pour moi est : « qu'est-ce que je peux apporter au Mouvement Démocrate (tant local que national) et surtout que souhaite-t-il que je lui apporte? »


Paradoxalement (et au risque d'en surprendre certains), je maintiens ma confiance en François Bayrou et je pense qu'il est sincère lorsqu'il défend des valeurs attachées précisément à l'Homme, pour un modèle de société qui nous a rassemblés en si grand nombre aux présidentielles de 2007.

Il a juste des entraves dont il lui est, pour l'instant, difficile de se défaire. Un jour viendra, où, même François Bayrou, devra s'émanciper de ces carcans d'une politique que lui-même réprouve.

Je pense qu'il souhaite réellement faire la politique autrement. Il en a la volonté (discours), la matière (militants), il lui faut maintenant la bonne notice (méthode). Ce dernier élément devant être très novateur au regard de l'ambition que nous visons pour le développement et l'épanouissement des générations futures.


Je vais donc prendre un peu de temps pour savoir quelle orientation je peux donner, concrètement, à un engagement qui me tient, malgré tout à coeur, ou décider si je fais le choix de rester une simple adhérente.


Avant de terminer, je souhaite très sincèrement remercier, les Conseillers Nationaux et les adhérents qui ont eu le courage (ben oui, fallait oser!) de soutenir ma démarche de saisine du Conseil National. Je sais que certain(e)s d'entre eux vivent mal le fait qu'ils n'aient pas non plus été , par conséquent, entendus dans cette action commune.



A tous, je vous remercie pour vos soutiens et votre amitié !

Par force_hyeres
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