Mercredi 10 juin 2009

Bon,  il est vrai qu’elle était ouverte il y a plus de trente ans et que les gosses sont aujourd’hui des pères de famille.
Revenons deux secondes sur un extrait du livre de Daniel Cohn-Bendit écrit en 1975, Le Grand Bazar :
"Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : “Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m’avez-vous choisi, moi, et pas d’autres gosses ?” Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même" . Et ailleurs : "J’avais besoin d’être inconditionnellement accepté par eux. Je voulais que les gosses aient envie de moi, et je faisais tout pour qu’ils dépendent de moi." *


Essayons d’imaginer la publication d’un tel livre aujourd’hui.
Comment réagiraient les parents et les enfants victimes d’actes ou « d’approches » sexuelles qui vont les marquer leur vie durant ? Et la justice...laisserait-elle passer ce genre d’écrits sans s’en émouvoir ?
L’échange télévisé de vendredi soir entre François Bayrou et Daniel Cohn-Bendit aura au moins permis à la plupart d’entre nous (dont je suis) d’être informés de ce qu’un haut responsable politique a pu émettre comme thèses sur les enfants et la sexualité vis à vis des adultes.

 

On est tous pères, mères, oncles, tantes, proches d’enfants par les liens du sang ou par les liens du coeur. On l’est tous, certainement, de l’enfance par des liens naturels profonds qui nous permettent, instinctivement, de vouloir les protéger tout en souhaitant les voir évoluer pour construire leur future vie d’adultes.

L’enfance c’est avant tout le jeu, la curiosité, et la découverte de la sexualité va forcément passer par le jeu. On a tous été enfants. Ca ne nous est pas étranger. On a tous, j’imagine, des souvenirs d’éveils à la sexualité bien souvent caractérisés par un certain voyeurisme infantile innocent.

La curiosité sexuelle d’un enfant peut, bien évidemment, le conduire à chercher chez l’adulte les réponses aux questions qu’il se pose. Si l’on se place du côté de l’enfant, il n’y a rien de choquant : c’est un cheminement de sa construction sexuelle. Et ça n’est pas grave dans la mesure où l’adulte, éventuellement objet de ses curiosités, plus encore s’il s’agit d’un éducateur ayant une ascendance sur lui, sait lui monter les limites qu’il convient de ne pas dépasser. C’est de la réponse que fera l’adulte à l’enfant en situation de curiosité sexuelle que dépendra un épanouissement ou un pourissement futur de sa vie sexuelle. Et même de sa vie tout court quand on sait l’importance que la sexualité a inéluctablement sur la vie d’un homme ou d’une femme.

Alors, théoriser sur un « rapprochement » sexuel de l’enfant envers l’adulte du seul fait initié par l’enfant, le mettant ainsi en position de « demandeur » est un raccourci qui ouvre les portes à toutes les dérives. A toutes les ignominies. Daniel Cohn-Bendit, d’après ce que j’ai pu lire sur le net, « aurait » mis ces écrits sur le compte de provocations faites à la bourgeoisie. Peu importent les raisons ; les mots, les descriptions, les sous-entendus sont, de mon point de vue, inacceptables. Plus encore venant d’un homme ayant de telles responsabilités politiques.

Notre société, si on peut lui reprocher bien des faiblesses, a ceci d’admirable qui témoigne de notre évolution et de notre civilisation : le sens des valeurs. Si chacun peut déplacer le curseur selon ses propres normes, nous avons -normalement- des « intouchables » qui sont une référence pour la collectivité. S’en écarter peut être sanctionné, plus ou moins lourdement, par exemple : tuer, voler, violer, escroquer, commettre des actes incestueux ou de pédophilie, ou tout acte pouvant nuire à autrui. Dans ce « cadre », notre société a protégé (et protège encore) les enfants.

Qui mieux que les éducateurs, bénévoles ou professionnels, outre les parents ou les enseignants, peut garantir cette protection indispensable des enfants ?

 

Et comment expliquer un retournement de situation (« c’est pas moi c’est l’autre », sauf que l’autre est un minot et « moi » est un adulte, responsable de ses actes et des enfants dont il a la charge) qui tend à déresponsabiliser l’auteur ou, pire encore, à étayer des thèses dont la seule évocation me révulse.

DCB avance l’argument – facile- du « contexte historique » de mai 68 et « légitime » ce qui aura pu être considéré comme une normalité du fait que son livre n’avait pas fait scandale à l’époque et qu’aucune plainte d’enfant ou de parent n’avait été déposée.


S’il est vrai qu’il n’y a eu aucune plainte ni d’enfant ni de parents déposée à l’époque, cela n’implique pas de facto qu’il y ait eu approbation formelle des uns ou des autres. Quand on sait combien il est difficile, encore aujourd’hui malgré les nombreuses campagnes d’information et de prévention, d’obtenir les confidences d’un enfants sur des actes ou des situations qu’il a vécues du fait d’adultes irresponsables, pervers et habiles à les manipuler, on peut s’interroger sur ces « absences de plaintes ».

Quant aux parents, ont-ils été (tous) informés de ces pratiques avec autant de précision comme dans le livre ? Si oui, quels freins ont-ils pu rencontrer pour laisser passer « ça » ? La honte, la crainte du regard de l’autre ou de la société, la soumission face à une forme d’autorité sur son propre enfant (on se tait devant celui qui sait) ?...

S’il n’y a rien de tout ça, alors il s’agit de parents complices et tout aussi responsables de pratiques abjectes envers leurs propres enfants.

Où est la limite dans le temps, dans les gestes, dans les mots quand on touche à la protection des enfants ? Ca fait plus de 30 ans ? Et alors ? C’est dans le passé que l’on puise bien souvent l’inspiration d’aujourd’hui. On est nourri de nos actes, de nos écrits, de nos paroles et selon les individus, ils peuvent avoir une résonance particulière.


Pour autant, peut-on dire que Daniel Cohn-Bendit est un pédophile ?

N’étant pas une spécialiste je suis allée chez voir sur Wikipédia ce qu’il s’y disait sur le sujet : «  La  pédophilie est, en psychiatrie, l’attirance sexuelle d’un adulte envers les personnes impubères. Un pédophile est une personne éprouvant ce type d’attirance. La pédophilie est classée en tant que trouble de la préférence sexuelle(...). En France, comme dans la plupart des sociétés modernes, ce type d’attirance est considéré comme une perversion sexuelle et les activités s’y rapportant sont condamnées par la loi. De ce fait, dans le langage courant le terme pédophilie a une forte connotation péjorative et le terme pédophile est souvent utilisé par extension pour désigner une personne condamnée par la justice pour des crimes ou délits en rapport avec l’abus sexuel sur mineur ou la pornographie infantile.(...). »


En tout cas, pour ce qui me concerne, l’dée même de sa braguette ouverte devant des gosses avec attouchements(« ... commencent à me chatouiller », « ...s’ils insistaient, je les caressais... ») me dégoûte au plus haut point et me touche de façon très intime...

 

« Il y a toujours dans notre enfance, un moment où la porte s’ouvre et laisse entrer l’avenir ». Graham Greene.


*Source Wikipédia

 



Par force_hyeres
Ecrire un commentaire - Voir les 20 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Recherche

Recommander

Syndication

  • Flux RSS des articles

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés