Un grand pas a été franchi à Arras le week-end dernier: le Mouvement Démocrate a
rédigé son projet, un « projet
humaniste » .
Nous y avons été chaleureusement accueillis par le sénateur-maire, Jean-Marie Vanlerenberghe que j'ai trouvé en
pleine forme. Il a été amusé quand je lui ai dit que je n'étais jamais « montée » aussi haut en France! ;-))
Plus de 1500 militants étaient venus de toute la France, d'Outre-Mer et de l'étranger pour participer à cet autre
moment fondateur de notre Mouvement.
Il y a deux ans, nous tenions notre premier Congrès à Villepinte, en décembre 2007, avec l'élaboration de nos
textes fondateurs, statuts et chartes.
Beaucoup de choses se sont passées depuis.
Il y a eu tout d'abord les premières élections internes en janvier 2008- celle des Conseillers Nationaux dont je
fais partie aujourd'hui- et ensuite les élections départementales en septembre 2008. En plus de ces élections internes, le MoDem a procédé depuis cet été à la nomination d'équipes afin
d'améliorer notre fonctionnement interne : médiation, stratégie numérique, organisation et enfin communication.
Ce Congrès marque donc un point d'orgue dans le processus de la construction de notre Mouvement.
Avant ce Congrès, notre mise en place, entre-coupée par les élections municipales puis européennes, a vu nos rangs
se clairsemer au fil des mois. Heureusement, d'autres nous ont rejoint même s'ils ne compensent pas ceux qui nous ont quittés. Le chantier a été difficile à mettre en oeuvre, avec des intempéries
mais aussi des rayons de soleil comme les Universités de rentrée de la Grande Motte.
Les attentes, les souhaits, les exigences de chacun d'entre nous ont fait leur lot de déçus et souvent parmi les
plus actifs. Tout n'est pas parfait, tout ne peut se construire sans obtacles dans n'importe quelle organisation ou communauté. Certainement encore moins au MoDem où la diversité, qui fait notre
richesse, implique des positionnements pas toujours convergents selon les sensibilités des uns et des autres.
Mais il n'existe pas d'obstacle infranchissable quand il y a des enjeux majeurs.
Notre démocratie interne n'a pas été toujours exemplaire et certain(e)s de celles et ceux qui y étaient très
fortement attachés ont préféré partir. Trouveront-ils ailleurs ce qu'ils pensent ne pas avoir trouvé au MoDem ? Pas si sûr...
J'ai moi-même été souvent déstabilisée par certaines attitudes et comportements localement. J'étais venue pour me
battre pour des idées et j'ai trouvé des batailles internes, des querelles de personnes,
des blocages anti-démocratiques, un manque d'écoute parfois même de respect.
Mais si je suis toujours là aujourd'hui, si malgré bien des découragements j'ai résisté à l'envie de quitter
mon engagement militant, c'est que je me suis détachée de certaines frustrations personnelles liées à des exigences strictes dans l'application de règles démocratiques internes. Non pas que j'y
ai renoncé ou que je suis « rentrée dans le rang » ou encore que je suis devenue une « bisounours » comme certains pourraient le penser. Non, j'ai tout simplement mesuré
l'importance de hiérachiser les urgences. Et pour moi, l'urgence est de préparer l'avenir en prenant de la hauteur sur nos problèmes que je qualifierai de « domestiques ». Il n'est pas
question pour autant d'occulter tout ce qui peut freiner, gêner ou encore fragmenter notre Mouvement. Les dérives de quelques uns ne doivent pas décourager l'engagement des autres, même s'il est
frustrant de se sentir parfois dans un carcan anti-démocratique, héritage d'une politique d'un autre âge.
Seulement, il y a aussi des moments où il faut savoir aussi faire confiance à nos dirigeants que nous avons élus
démocratiquement et qui veulent au moins autant que nous réussir ce projet humaniste ambitieux mais nécessaire pour l'avenir de nos enfants.
Car là est bien LA raison de mon engagement : l'avenir de nos enfants.
Et je reste persuadée que c'est en restant, en travaillant à (et de) l'intérieur, en proposant et en s'impliquant
sans penser à ses propres intérêts personnels que l'on pourra tendre vers un Mouvement Démocrate qui réponde aux espérances -et promesses- de 2007. Dans cet esprit, je ne désespère pas de voir
revenir nos amis démocrates, dont certains ont vraiment travaillé dur durant des mois pour notre projet. Des talents qu'il faudra reconquérir (certains de mes lecteur(rice)s se
reconnaîtront).
Je reste aussi persuadée que François Bayrou est le seul à permettre une alternance au pouvoir en place en 2012.
J'en suis intimement convaincue.
Un grand pas a donc été franchi à Arras avec la rédaction de notre Projet Humaniste matérialisé dans notre livret
orange.
Robert Rochefort a fait un remarquable travail de synthèse des commissions précédemment présidées par Corinne
Lepage qui y avait aussi donné beaucoup de son temps et de son expertise.
Robert
Rochefort a réussi à coordonner en 3 mois 18 commissions de travail avec plus de 1000 personnes ayant fourni plus de 500 contributions.Il a
également été un formidable animateur durant cette journée de débats assisté par les membres de la commission sur les amendements dont Marielle de Sarnez, Gilles Artigues, Fabienne Faure et
Rosalie Kerdo.
Je suis fière d'y avoir participé activement en proposant des amendements avec mon amie Isabelle Piot de
Seine-et-Marne, les talentueux Henri Lelièvre et Mikael Cormier de l'Essonne et le jeune et très brillant Ludovic Collin, de la commission entrepreunariat social.
Nous avons travaillé jusqu'à 5h30 du matin pour envoyer nos 26 amendements (l'heure limite étant 7h du matin le
samedi!). Notre travail a été récompensé car plusieurs d'entre eux ont été retenus pour les présenter en plénière au vote des militants.
Isabelle, Ludovic et moi avons été chargés de rapporter ces amendements. Ma quasi-nuit blanche ne m'a pas placée
en grande forme pour les défendre (on peut le voir à ma mine fatiguée sur la photo et les vidéos du site!). En plus, je peux vous dire que parler devant 1500 personnes n'est pas un exercice
facile!;-))
Si certains de nos amendements ont été rejetés, plusieurs ont été votés et donc inscrits sur le livret orange.
Deux amendements ont même été acceptés directement sans vote (=> parloir, chapitre 5 « Démocratie », page 42, § 2).
J'aurais l'occasion d'y revenir mais l'amendement qui nous tenait le plus à coeur était celui relatif au soutien
dans les régions du développement de franchises solidaires (chapitre 1 « Développement économique, social et écologique durable », page 11, alinéa
3) dont je consacrerai un billet prochainement.
Cette journée intensive de travail a été un exemple de démocratie. Chaque militant aura pu présenter un amendement
et le défendre quelque soit son niveau d'engagement, sa position ou sa fonction au sein du MoDem. Les cadres qui souhaitaient défendre le leur étaient dans la salle, comme par exemple François
Bayrou, et avaient leur contracdicteur avant le vote comme les autres.
C'était une ambiance studieuse, sérieuse et surtout respectueuse.
Au-delà du Congrès lui-même, j'ai été charmée par la ville d'Arras avec le seul regret de n'avoir pas eu le temps
de la visister. L'architecture y est superbe, les gens chaleureux et j'ai réussi à apprivoiser le climat qui m'avait frigorifiée le premier jour.
Oui, vraiment...un grand pas a été franchi à Arras !
Vous pouvez écouter le discours de clôture
Colette et Guy (Eure et Loire) : des militants heureux...
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