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Blog de soutien au Mouvement Démocrate et à François Bayrou. Ça discute aussi de Hyères, du Var et d'ailleurs...

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MoDem : que nous révèle le « buzz du découragement » ?


L'article du Monde daté du 27 mars ("sur internet, les blogueurs écrivent leur désarroi après le revers du MoDem") qui relaie certaines expressions de désarroi de militants de la blogosphère MoDem, témoigne d'un travers de notre mouvement : une forte propension à générer successivement et de manière disproportionnée de l'enthousiasme puis du découragement, par un phénomène d'entraînement collectif qu'on pourrait assimiler à du buzz.

Nous avons effectivement assisté au cours de la campagne présidentielle à l'essor d'un mouvement politique nouveau, notamment porté par un meilleur accès à l'information des citoyens grâce à l'internet. Ce mouvement s'est depuis paradoxalement livré de fait au dénigrement involontaire, mais certain, de ce même idéal démocratique et citoyen au nom duquel il s'était organisé en structure politique.

Comment cela est-il possible ? Tout simplement parce que nous exprimons sur la blogosphère MoDem ce qui est au coeur de nos contradictions de militants et de citoyens.

Nous suivons un idéal démocratique revisité par la société du savoir et des nouvelles technologies, qui consiste à prôner la libre expression de tout un chacun via l'internet (cet outil libérateur d'énergies citoyennes) et sa contribution libre à la construction d'un mouvement qui se voudrait par conséquent différent des partis classiques (grâce à une information circulant de manière transversale).

Comme chacun se sent co-responsable de ce bien collectif qu'est le MoDem, les frontières entre élus et électeurs internes du MoDem se trouvent complètement biaisées, redistribuées de manière inédite : plus de légitimité des élus s'ils ne correspondent pas aux attentes d'écoute démocratique permanente des militants et plus de militants s'ils ne sont pas reconnus comme des décideurs à part entière aux côtés des élus (grâce notamment à une communication qui se veut non-hiérarchique).

Parallèlement à cela, nous prônons la responsabilisation du citoyen, la défense de valeurs que nous voulons pérennes et un engagement pragmatique et volontaire pour affronter les défis à l'échelle du parti, de la société française et de l'humanité.

Mais dans les faits, ces fortes attentes se heurtent au principe de réalité, faisant finalement d'une bonne partie de cette blogosphère MoDem (pourtant minoritaire par rapport au nombre des adhérents), un miroir grossissant de nos insuffisances :  


Un maximalisme qui provoque le défaitisme

Nous voulons dépasser les clivages traditionnels dans un élan de solidarité nationale ("la France de toutes nos forces")  mais nous éprouvons un malaise destructeur dès que ce dépassement ne se fait pas dans une victoire éclatante, immédiate, ce qui nous ramène in fine à une conception guerrière de la politique.

Si le but ultime d'un combat électoral est bien de gagner pour pouvoir peser (seule la victoire pouvant assurer la promotion des idées par le maillage des élus ou le contrôle des leviers du pouvoir), l'ampleur démesurée que prend notre déception post-électorale (aux législatives et aux municipales) prouve que nous ne concevons notre identité actuelle en construction que dans notre opposition à d'autres et non par rapport à nos propres valeurs, renforçant ainsi ce positionnement même de "ni-ni" politicien que nous combattons pourtant vivement quand il nous est reproché par nos adversaires ou les medias.

Cela ne serait pas dérangeant si nous faisions preuve de plus de patience et d'indulgence face aux imperfections d'un mouvement récent, dont la doctrine politique et les modalités d'action sont encore à définir. Le problème est que le résultat de cette impatience est une versatilité qui nuit à l'action, à la projection sur le moyen et le long terme.

 

Une parole qui remplace l'action

Nous réclamons la démocratie en interne, mais les principes de cette démocratie étant portés, dans un parti en construction, à la fois par chacun de nous (c'est à dire partout) et par un centre de décision introuvable car encore faible ou contesté (donc nulle part), nous ne pouvons finalement faire confiance qu'à nous-mêmes et à ceux qui partagent nos opinions le temps d'une campagne ou d'un échange ponctuel de points de vue.

Ces échanges d'opinions en deviennent par conséquent souvent plus précieux que l'action, car la parole ne précède ou n'accompagne plus vraiment l'action (qui devrait être le but même du combat politique) mais finit par la remplacer comme source d'identité et de positionnement. Or seule l'action peut permettre l'affirmation véritable de l'identité et des valeurs d'un groupe.

 

Des repères collectifs incertains

Nous recherchons éperdument des repères collectifs, une idée du collectif dans laquelle notre individualisme trouverait une justification noble, puisque mise au service d'un idéal commun. Mais au fond de nous-mêmes, nous doutons de tout, et surtout du lien qui nous lie à d'autres dans un contrat d'association pourtant librement consenti, matérialisé par notre carte d'adhérent. Ce lien nous le brisons aussi facilement que d'autres contrats d'association au sein de la société dès lors qu'il n'est plus au service de notre épanouissement personnel, de l'idée souvent très noble que nous nous faisons des modalités et de la finalité de notre action (refus des compromis dégradants…), et donc de notre personne.

Il est vrai que, plutôt que de nous offrir le confort de repères bien définis, le positionnement nouveau que nous avons choisi nous force à évoluer dans une situation inconfortable faite  d'incertitudes, de tâtonnements, d'échecs… or nous craignons plus que tout cette liberté nouvelle car elle est dure à assumer.

 

Une conception paradoxale du leadership et de la hiérarchie

B
ien qu'à la poursuite d'un idéal démocratique, nous voulons nous reposer sur un leader fort, fiable, en qui avoir confiance, mais nous nous détournons de lui dès lors qu'il n'incarne plus cet idéal absolu d'homme dominant la situation car omniscient et omnipotent, capable de mener ses troupes au combat et à la victoire tout en respectant des idéaux nobles (pourtant parfois contraires à l'efficacité de son action de commandant de troupes).

Parallèlement, dès que ce leader assume d'une manière ou d'une autre son rôle nous crions au déni de démocratie (il se détache du lot en assumant seul des décisions) et dénonçons la quête d'une ambition personnelle.

Cette contradiction vaut par extension pour toute forme de leadership au sein du MoDem, étant par ailleurs renforcée par le débat cadres UDF contre militants MoDem, anciens contre nouveaux... Ce débat se décline parfois de manière démagogique en un clivage entre dirigeants détenteurs du savoir et soupçonnés de ne pas vouloir le partager (car "le savoir c'est le pouvoir") et la masse des militants se considérant (souvent à juste titre) maintenue volontairement dans l'ignorance des décisions alors qu'elle se considère co-responsable du MoDem.

Cette dérive démagogique se retrouve dans les arguments de certains représentants ambitieux de la jeune génération, désireux de s'affirmer comme un recours face à la hiérarchie en brandissant la défense des militants, des adhérents de base MoDem contre le sommet hérité de la vieille UDF (dont ils font d'ailleurs paradoxalement parfois partie, étant issus pour certains de ses rangs).


Le refus des contraintes de l'action militante

Nous prônons le respect, la formation du militant et par extension l'éducation de nos concitoyens (auxquels nous voulons d'ailleurs ouvrir les yeux) comme la voie susceptible d'amener à la responsabilisation du citoyen, seule garante d'une société équilibrée, où les décisions seraient prises avec lucidité et courage. Nous tendons cependant à mépriser ceux qui, au sein du MoDem, n'ont pas, à nos yeux, atteint ce "haut degré de conscience citoyenne",   conscience que nous assimilons plus souvent à une forme de critique maximaliste suffisante (nous jugeons sans ménagements le réel par rapport à un idéal), qu'à une lucidité assumée mais bienveillante, donc sereine, par rapport à la réalité.

Nous ne voulons ainsi en aucun cas être assimilés à ceux qui se contentent d'être de simples militants actifs sur le terrain, apportant modestement mais avec constance leur contribution à l'élaboration du projet de leur parti et respectant les principes de hiérarchie et de discipline de parti comme condition indispensable pour atteindre la victoire (l'action étant bien le but ultime de la politique). Or le militantisme politique, s'il n'exclue pas, loin de là, l'indépendance d'esprit et le débat, pose cependant comme pré-requis les principes de rigueur, d'esprit d'équipe et de discipline pour atteindre l'objectif d'une action efficace. C'est malheureusement une forme de conscience que nous ne voulons pas admettre comme telle, la jugeant servile, alors qu'elle exprime un choix véritable.


Conclusion : un phénomène de décantation somme toute naturel

En guise de conclusion, je souhaiterais dire que nous participons à un mouvement encore en construction, et que s'il est bien sûr plus qu'important de participer aux débats d'idées, à la définition des principes qui présideront à notre action, à la dénonciation des écarts entre les actes et les paroles, il n'est cependant en aucun cas légitime de considérer que le but premier d'un parti politique est de permettre l'épanouissement, dans un régime de transparence démocratique totale, des citoyens qui le composent.

Son but premier est de promouvoir par l'action politique externe (élections) les conditions économiques, sociales, matérielles d'un mieux-être pour nos concitoyens, définies dans un programme électoral.

C'est pour cela même que nous nous sommes engagés en politique, en toute connaissance de cause. Ce choix implique d'être cohérents et constants dans notre action, quelles que soient les difficultés, désaccords, doutes rencontrés.  Il implique par conséquent la responsabilité des militants et non le spectacle désolant de leur versatilité. C'est pourtant cette même versatilité que nous reprochons à nos concitoyens, qui brûlent le lendemain ce qu'ils vénéraient la veille.

En définitive, je dirais que le buzz que nous constatons n'est pour beaucoup que le résultat naturel de la décantation de toutes ces énergies disparates réveillées par l'éclatante campagne de François Bayrou aux présidentielles, et qui découvrent, pour beaucoup d'entre-elles, l'écart naturel entre la soif d'idéal (plus facilement exprimable et donc amplifiée sur internet) et la réalité aride de l'action politique. C'est à chacun de nous de faire le choix le plus cohérent avec sa conscience de citoyen militant ou de citoyen tout court. La balle est définitivement dans notre camp.

Fotini Sidéris-Bach

 

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F
@CP<br /> <br /> "et c'est dommage, certains qui se trouvet incompris, seuls ou desempares apres ces elections" : ils sont souvent de qualité et c'est justement ceux-là qu'on aimerait aider !
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C
Merci pour cette contribution brillante. Elle correspond a ce que beaucoup pensent et ne sauraient certainemement pas aussi bien exprimer. Je crois que les moins motives, les ambitieux decus, les indecis vont quitter le navire et puis, et c'est dommage, certains qui se trouvet incompris, seuls ou desempares apres ces elections. Pour ceux qui restent, il va falloir retrousser nos manches.
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D
@Mapie<br /> <br /> Vous avez bien résumé là l'essentiel :-) :<br /> <br /> "Elle nécessite de travailler beaucoup et sans arrêt: parce qu'il faut à la fois se former en toute indépendance (regretterons-nous que le parti ne nous dise pas quoi penser?) et informer, parler, expliquer qui nous sommes, ce en quoi nous croyons et pourquoi ce que nous croyons constitue l'avenir... <br /> Internet nous sert à nous former, à nous entendre, à mutualiser. Mais il va falloir demain que nous soyons partout sur le terrain, dans les asso, dans les cités, partout où la démocratie doit revivre, au-delà du clientélisme, au-delà de la désespérance... "Des commandos", il disait. "<br /> <br /> Fotini
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M
Franchement, je trouve que ce qu'on lit sur internet depuis les dernières municipales dans la blogosphère MoDem est d'une qualité exceptionnelle. Ceux qui tiennent sont vraiment les meilleurs, y a pas à dire!<br /> <br /> Je ne me suis pas engagée moi-même pour attendre de voir mais parce que j'ai envie de mettre mes idéaux au service de la construction de ce parti. <br /> Je me rends compte combien la réalité peut étouffer l'ardeur pour certains. Pour ma part, j'attribue plutôt les déconvenues à mon inexpérience qu'à un vice de forme du MoDem qui n'existe pas encore. Il est vrai que nous aurions pu aller plus vite, plus loin, et mieux, sans doute ceux qui sont mieux informés des rouages peuvent le dire. <br /> Je me sens proche de gens comme vous, et comme tous ceux qui pensent que la maison est encore à construire et qui attachent plus de prix à la recherche et à la construction qu'à l'accès à l'équilibre. <br /> Je regrette que ceux qui partent nous quittent pour de mauvaises raisons: ils attendaient paradoxalement que le travail soit abouti avant même que nous ayons pu en saisir l'ampleur. Les déçus de la deuxième heure n'ont finalement peut-être pas très bien compris que le MoDem réclame de nous une création: celle d'un parti novateur certes, mais aussi, celle d'une nouvelle figure de militant: le militant du XXIème siècle, celui de l'internet, celui qui fait du "Mouvement" sa règle et de l'adaptation, son maître mot. <br /> Alors sans doute, est-ce une posture ardue, exigeante; elle ne nous garantit pas d'arriver... Elle nous fait passer pour de doux rêveurs. Elle nécessite de travailler beaucoup et sans arrêt: parce qu'il faut à la fois se former en toute indépendance (regretterons-nous que le parti ne nous dise pas quoi penser?) et informer, parler, expliquer qui nous sommes, ce en quoi nous croyons et pourquoi ce que nous croyons constitue l'avenir... <br /> Internet nous sert à nous former, à nous entendre, à mutualiser. Mais il va falloir demain que nous soyons partout sur le terrain, dans les asso, dans les cités, partout où la démocratie doit revivre, au-delà du clientélisme, au-delà de la désespérance... "Des commandos", il disait. <br /> <br /> Ne décantons pas trop longtemps. Et au travail! Sur le net et par chez nous.<br /> Le MoDem est en mouvement ; c'est un élan, vital pour la France. Souhaitons-lui de ne jamais arriver, il serait plombé!<br /> <br /> "Etre du bond, n'être pas du festin, son épilogue", disait René Char qui a renoncé à la politique après la guerre par peur de l'enfermement!
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W
S'il y a certes des déçus par les résultats des municipales, la déception ne vient pas que des résultats, mais aussi :<br /> 1) des conflits interne qui ont été révélés au moment des divergences sur les stratégies d'alliances<br /> <br /> 2) des conflits internes pour prendre le pouvoir au sein du parti : prémices de campagnes pour les présidences de sections, élections au conseil national (élections organisées dans la hate comme pour prendre de vitesse certains...)<br /> <br /> 3) une découverte par les nouveaux militants de la vie d'un parti, qui est aussi faite de compromis parfois ressentis comme de la compromission, ce qui signifie que les valeurs ne sont très homogènes.<br /> <br /> <br /> Tout celà a fait naître des frustrations qui ont été "enterrées" le temps de a campagne mais qui ressurgissent maintenant, car les résultats mitigés n'ont pas pu les effacer.<br /> <br /> Je reste persuadé comme vous qu'il ne faut pas s'arrêter sur ces aléas de mise en route, et au contraire redoubler notre engagement pour faire de ce parti un outil efficace : désorganisé, il n'a pas démérité, donc organisé, il devrait être redoutable, à condition que cette organisation ne soit pas trop "militaire" et laisse encore une place à l'expression libre et transversale, même si je partage votre avis sur la nécessité d'une certaine discipline une fois les décisions prises, pour que l'action soit efficace.<br /> <br /> Cordialement,<br /> WM
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