Notre cher Président s'est adressé au peuple jeudi soir pour tenter de justifier une année d'hyperprésidence voire d'hyper insolence. Ayant eu une dure journée, je n'ai picoré que quelques bouts de ce show, en loupant le début et en abdiquant avant la fin. Je me suis cependant surprise à m'intéresser, devant mon écran, plus à sa gestuelle, à ses mimiques faciales qu'au contenu de ce qui n'était qu'une litanie de chiffres, et qui a bien dû faire fantasmer le smicart qui voit ses fins de mois arriver dès le 15. En communication on dit que les gestes traduisent la pensée. Là, on est gâtés !
Exit le contenu, mais aussi le décor digne de notre magnifitude, les questions des journalistes gentiment titilleuses, tentant quelques tacles manière de montrer qu'on est professionnel, place donc, au comportement gestuel et physique de celui qui nous sert de chef des tas que nous sommes.
Je vous propose un petit exercice, si vous n'avez rien de mieux à faire, mais alors rien...
Pas compliqué : il vous suffit de revisionner la vidéo, en coupant le son. Nicolas Sarkozy ne tient pas plus d'une minute sans commencer à gesticuler. Bon, c'est vai qu'il ne peut pas rester tanqué comme un santon, mais il y a tellement de matière que je n'ai pu résister! Il essaie bien, au début, de tenir sa main droite avec sa main gauche, du style « tu vas te tenir tranquille, toi! Vas pas commencer à parler plus vite que moi! Couchée la main! »... Et c'est le top départ! La senestre qui était censée s'occuper de la destre, s'emballe, et c'est parti! Livrée à elle-même voilà que l'autre s'y met aussi et c'est le festival. Un régal pour les yeux.
Ensuite va commencer l'étalage de toute la panoplie de gesticulations et de tics reconnaissables entre tous. La tête commence à dodeliner comme fixée au bout d'un ressort. Très rapidement, les mains s'agitent et se ferment en deux poings qui démontrent qu'il est en plein combat. Combat contre lui-même, contre son gouvernement, sa majorité ou contre nous ? Vas savoir... Ensuite viennent les mimiques bucales. Un pincement de lèvres très typique, étirant ses mandiblules vers le bas, et qui se manifeste à chaque question qui l'incommode. C'est marrant, ce tic est souvent simultané avec une mobilité de ses soucils vers le haut dégageant de larges paupières, et un léger coup de tête en avant à la façon Canteloup. Toujours côté bouche, le mouvement vertical de sa lèvre supérieure, du côté droit, se manifeste quand il est agacé par certains taclages. Son regard aussi a une activité débordante. Et de droite et de gauche, et les yeux au ciel pour chercher une divine réponse, et surtout en quête de l'approbation des journalistes-animateurs, et le plus souvent celui de Poivre de plus en plus out dans ce genre d'exercice. On aurait dit un premier communiant attendant le sacrement de l'eucharistie.
Revenons aux mains. Tantôt travaillant « main dans la main », tantôt faisant cavalier seul, elles sont en pleine activité. Ensemble elles s'unissent en un geste de prière, elles se séparent et s'offrent à l'assistance, volontaires. Ces mains si agiles changent parfois de cadence, s'autorisant des échappées en solitaire. L'une et l'autre se tendant en direction de l'intervieweur zélé, plate, la paume vers le bas, les doigts serrés, le pouce écarté, d'un geste sec et autoritaire, du style: « Tais-toi, pov' con! ». Une vraie valse de petites menottes agiles. Franchement, on pourrait presque rester 90 minutes à regarder ce spectable au vu d'une telle variété de figures. Des arabesques gestuelles qui parlent bien plus qu'un long discours. Le pouce et l'index se rejoingent parfois en pince, avec des balancements du bras de haut en bas, d'une manière très professorale, tentant de démontrer la précision du discours.
Et puis ces petits gestes d'un doigt furtif sur le front essuyant une goutte de sueur trahisant un malaise, une impatience ou une nervosité. L'index, lui, pointe, directif, autoritaire, sur les journalistes, impassibles, pas féroces pour un sou, les mettant en position de soumission, et n'autorisant pas la réplique. D'ailleurs, ils ne bronchent pas ! Très dociles les enfants de la télé. Il a aussi cette façon bien à lui, de compter jusqu'à deux, jusqu'à trois, de la main gauche avec son index droit. Là, on est dans l'énumération ou dans les chiffres. Les donner en faisant ce geste n'augure pas d'une assurance à toute épreuve. Rappellez-vous quand vous appreniez vos tables de multiplication. Cette gestuelle bien enfantine ne vous rassurait-elle pas, même si vous les connaissiez par coeur? Ah! j'allais oublier les épaules ! Toujours cette fameuse bébête qui joue sous sa chemise immaculée de bonne conception, lui faisant faire cette danse des omoplates avec une bonne synchonisation de la tête. Ou est-ce tout simplement un signe d'une crispation nerveuse?
Je ne sais pas si vous aurez remarqué aussi ce geste récurrent de fermer sa veste avec ses deux mains, comme pour cacher quelque chose...Quoi? Un ventre bedonnant? Ou une ceinture que l'on voit, bizarrement, au-dessus de la table, laissant deviner que le type est haut perché sur son siège. J'ai eu l'impession d'une mauvaise photo prise dans un photomaton où le siège a été trop remonté, troubant le cadrage. C'est vrai qu'il paraissait grand du coup! Cette vidéo muette, on dirait un sketch d'un humoriste qui caricature Sarkozy, sauf que...C'EST Sarkozy! Aux larmes citoyens!...
Voici donc la vidéo pour cet exercice de communication gestuelle (je vous rappelle qu'il faut couper le son, sinon c'est pas marrant!) :ici
Bonsoir Chantal,<br />
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Cette prestation télévisuelle de NS serait vraiment amusante par les mimiques du Monsieur, si celui-ci n'était pas Le Président de la République !<br />
Va falloir qu'il soigne son image, s'il veut remonter dans les sondages...les Français regardent trop la Télévision :-((
et là où c'est rigolo, c'est qu'il a oublié qu'un étranger pouvait vivre en France avec une carte de séjour. <br />
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Dans sa réponse il a occulté cette possibilité ne parlant que d'accès à la nationalité française pour les "faux-papiers"...<br />
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Visiblement pas à son aise avec les étrangers...