Le
rideau est tombé sur un spectacle qui nous a tous un peu sonnés. Une histoire et des acteurs qui n'ont pas fait vibrer un public déjà peu intéressé par le sujet qu'on leur proposait. Mais ça n'est
pas parce que le spectacle est mauvais qu'il faut flinguer le metteur en scène.
Depuis la proclamation des résultats des Européennes dimanche soir j'ai
l'impression d'assister à un anti-bayrouisme chronique, tant en interne qu'en externe, et ça n'honore pas notre démocratie déjà bien malmenée.
La tendance actuelle est au lynchage du béarnais et ce que je lis me semble plus
être une analyse moutonnière et simpliste calquée sur les médias, qu'une vraie réflexion en profondeur.
Entendons-nous bien, le résultat du Mouvement Démocrate est tel que des questions,
bien évidemment, doivent se poser et une réflexion sereine et objective sur la situation est nécessaire.
Mais de là à sonner l'hallali de François Bayrou.!... Lui-même a reconnu des erreurs. Ce n'est pas un débutant, il analysera ces résultats et saura en tirer des leçons. En tant que responsable du
Mouvement qu'il a initié et qu'il incarne, il porte sa part de responsabilité sur cet insuccès. mais pas TOUTE la responsabilité.
Cet échec, est-il vraiment celui de François Bayrou ou est-il plutôt celui du
Mouvement Démocrate dans sa globalité ?
Notre gouvernance est basée sur la collégialité et nous avons des
vice-président(e)s qui travaillent de concert avec le Président qui réunit le Bureau Exécutif une fois par semaine.
Qui va donc nous faire croire, sérieusement, que François Bayrou décide tout
seul, en autocrate, faisant fi de tout conseil et ne pensant qu'à son seul intérêt pesronnel?
On pourra palabrer des semaines durant sur cette foutue émission, comme "on" l'a
fait aux présidentielles après sa fameuse phrase "je ne voterai pas pour Nicolas Sarkozy". On pourra encore nous ressasser son obsession présidentielle et tutti quanti
...
Pour ce qui me concerne, je me fiche de tous ces "accessoires" clinquants qui
servent à alimenter la polémique et dans le fond, n'apportent strictement rien à la gamelle des français et encore moins à celle du plombier polonais.
Ben oui...il lui arrive de déconner François . Mais à tout prendre, je préfère son genre de déconne qui lui
vient des tripes, à celle d'un "Grand bazar" troublant ou d'une karchérisation de racaille.
Notre Mouvement doit faire l'analyse de ses points faibles qui se sont pourtant construits sur des points forts.
Il doit surtout se rappeler qu'il est un Mouvement né, principalement, de la société civile. Un Mouvement de citoyens tout simplement mais qui a été rattrappé par la bonne vieille cuisine
politique qui baillonne le débat en interne, bafoue les principes qu'il défend et donc se renie...
Mais que l'on arrête un peu de ne mettre en avant que l'ambition de François Bayrou. Lui au moins a
toujours été clair, et je ne comprends pas trop pourquoi ceux qui louaient hier sa volonté pour demain, s'en offusquent aujourd'hui!
Le Mouvement Démocrate est truffé de personnes et personnalités qui ont beaucoup d'ambition mais qui tordent le nez si l'on en parle. Et pourtant, je suis sûre que leur coeur bat la
chamade avant l'annonce d'investitures ou dans l'espoir de promotions futures.
Cependants, j'ai toujours dit que l'ambition n'était pas une mauvaise chose en soi, tant qu'elle n'écrase pas tout
sur son passage. .
Aujourd'hui l'heure est au bilan sur nos faiblesses et le Président du Mouvement démocrate ne devra pas, seul,
endosser la responsabilité de l'affaissement cruel de notre électorat, pour ne pas dire son effondrement.
Je fais partie de ceux qui pensent que François Bayrou est mal conseillé par
certain(e)s de ses proches. Si dans sa "garde rapprochée" il y a des personnes vraiment valables, de grande qualité, s'impliquant pour l'intérêt général, il en est dont les conseils ne
semblent pas si judicieux et qui l'enferrent dans une posture que nous, militants, déplorons depuis déjà trop longtemps.
Certainement par réflexe d'auto-protection, François Bayrou n'a pas élargi sa
sphère de confiance depuis la création du MoDem (ou si peu!). La raison, nous la connaissons tous. Je ne reviendrai pas sur l'épisode de la désertion de ses « amis » pour faire
allégeance du côté où penchait la balance, lors des dernères présidentielles. Ce passé, pas si lointain, est plus à oublier qu'à ressasser. Cependant, un rapide coup d'oeil en arrrière, peut
aider à comprendre l'homme.
Il s'est dressé, peu à peu, un mur entre lui et ses militants. Un mur qui l'a
éloigné de sa base dont la fragilité (car jeune et pas encore aguerrie pour une bonne partie à la pratique politique) a conduit à de nombreux départs. Cette distance a créé une sorte de contagion
et s'est étendue aux français qui ne retrouvent plus l'homme qui les a enthousiasmés en 2007 au point de s'intéresser, pour une fois dans leur vie, à la politique.
Tous se sont raccrochés à ce voeu pieu de voir une nouvelles façon de faire la
politique, autrement. Les mots si forts d'hier, sont devenus fades et vides de sens aujourd'hui. Beaucoup se sont sentis trompés : le produit livré ne correspondait pas à la notice de mise en
route !
Et, au risque d'en faire tousser plus d'un(e), je pense que François Bayrou, lui,
n'a pas changé et qu'il n'est pas cet homme isolé dans ses décisions, dans ses choix, dans ses prises de position., comme l'on veut bien nous le faire croire. Il a des conseillers proches
qui portent une grande part de responsabilité dans cet éloignement entre lui et les militants, et par ricochet, les français.
Des proches qui sont écoutés et respectés par François Bayrou. Et à mon avis, le
dosage d'écoute a été trop « auto-centré » sur un petit groupe qui n'a laissé aucune place pour une écoute partagée. Avec les militants. Avec les français. Ces militans souvent relégués
au rangs de contestataires quand ils « osaient » s'exprimer différemment. Alors la distance s'est installée exarcerbant les incompréhensions, les déceptions et les
découragements.
A chacun sa part de responsabilité, de remises en questions personnelles, au niveau
de la direction de notre Mouvement.
Je ne vais pas pratiquer la langue de bois et je sais que le sujet est un peu
« tabou » : Marielle de Sarnez , tête de liste à chacune des trois dernières élections (législatives, municipales, européennes) n'a pas consolidé le score du MoDem des présidentielles.
Ses faibles résultats, alors qu'elle est le bras droit de François Bayrou, Vice-présidente du Mouvement Démocrate, Présidente du Mouvement Démocrate en Ile de France, députée Européenne sortante,
sont décevants aussi. Avec un tel florilège de responsabilités, il est admis de s'interroger sur la capacité de Marielle à mobiliser son électorat qui semble s'essouffler d'échéance
électorale en échéance électorale. Si le succès de François Bayrou en 2007 peut être légitimement attribué, pour grande partie, à notre Vice-Présidente, directrice de campagne d'alors, sa
responsabilité ne peut qu'être directement engagée, aussi, dans cet échec du Mouvement Démocrate à ne pas avoir su capter un électorat fuyant.
C'est sa plus proche collaboratrice, dirigeante de premier plan, et elle n'a pas su
conforter voire emplifier cel élan de 2007. Elle a laissé une situation se déliter au niveau des militants sans mener une vraie réflexion en interne sur les solutions à trouver pour éviter une
hémorragie. Sans doute n'a-telle pas su anticiper la volatilité de cette base qui était pourtant un bon test pour les futurs résultats électoraux.
Alors que les enthousiames sont difficiles à cultiver sur le long
terme, les déceptions, elles, se répandent comme une trainée de poudre et peuvent faire des dommages collatéraux.
L'homme seul ne peut pas tout: il s'appuie aussi sur une équipe en responsabilité
d'anticiper et de réagir dès les premiers signes d'affaiblissement du mouvement dont il a la charge.
François Bayrou devra se "réapproprier" son image et peut-être élargir son équipe
de confiance avec de vrais nouveaux visages. En clair il devra pratiquer "l'ouverture" aux militants.
De mon humble avis François Bayrou souffre d'un déficit de conseils crédibles,
cohérents, stables et surtout innovants. Sa communication laisse à désirer et devra devenir plus « professionnelle » . Pour se faire, il serait vraiment souhaitable qu'il s'adjoigne les
services de spécialistes en communication qui lui évitent des erreurs que nous payons cher aujourd'hui . Notre mouvement est un vrai vivier de compétences, pas assez utilisé (la participation à
des commissions ne suffit plus). Il faut exploiter nos propres richesses et bosser comme des pros et non plus des bleus. Pour la communication, nous avons la chance d'avoir dans nos
rangs une personnalité compétente, fidèle et engagée . Mais je sais qu'il y en a bien d'autres. Un recensement des compétences s'impose.Plus que
jamais.
Si je pense que cet échec n'est pas celui (uniquemnt) de François Bayrou, c'est que
d'autres personnalités au sein du MoDem devront s'y associer, principalement de part leurs propres résultats.
Je pense plus particulièrement à Corinne Lepage et Jean-Luc Bennhamias. Certes, il
n'y a pas lieu de remettre en cause leurs compétences et leur engagement en matière de développement durable. Mais, alors qu'on sait aujourd'hui que l'écologie est la grande gagnante de ce
scrutin, tous deux ,têtes de listes, spécialistes en la matières, n'ont pas, à l'évidence fait un travail approffondi de propositions et de sensibilisation auprès de nos concitoyens. En tout cas
ça ne s'est pas vu dans les résultats. JLB a lui-ême fait un score bien en-dessous de la moyenne nationale. Nos deux vice-présidents se retrouvent même en 5 ème position derrière le Front
National ! Après tout ce sont eux les spécialistes du
développement durable au Mouvement Démocrate et leur discours n'a sûrement pas été assez clair et convaincant
pour les français qui se sentent de plus en plus concernés par ce sujet
.
Que s'est-il passé?...
D'autre part, quand Corinne Lepage parle de problèmes de gouvernance ouvertement à
la presse, je me dis qu'il y a quelque chose qui ne va pas : n'était-elle pas en situation et en position de faire les recadrages nécessaires en temps voulu?
Si François Bayrou devra réfléchir aux raisons de ces résultats déplorables, à mon
avis on ne peut pas dire qu'ils témoignent de son échec exclusif et entier.
C'est le Mouvement Démocrate dans son ensemble qui doit porter cette
responsabilité, collectivement.
Et nous nous devons de rester solidaires de celui qui nous a emmenés sur ce chemin
d'un projet de société humaniste auquel nous aspirons.
On ne déteste jamais assez ce que l'on a adoré et je trouve facile le raccourci de
l'épisode télévisé entre le lui et DCB pour justifier l'essentiel de cette déculottée.
J'ai le sentiment que certains cadres ne vont pas hésiter (mais on a l'habitude!) à
quitter le navire qu'eux-mêmes n'ont pas su manoeuver et chercheront à aller voir ailleurs...si l'herbe y est plus verte!
En tout cas, ce n'est pas le moment de baisser les bras mais plutôt de
continuer à nous engager pour les valeurs que nous voulons défendre.
J'encourage donc tous les adhérents à se ressaisir, relever la tête et à
garder toute leur confiance en François Bayrou.
De nombreux grands hommes politiques ont connu des revers électoraux et l'histoire
nous a montré que certains se sont relevés avec panache .
Nos cadres doivent également se ressaisir et éviter d'étaler leurs états d'âmes sur
celui qui leur a donné toute sa confiance. Ils seront bien inspirés d'analyser leurs propres résultats et de trouver des solutions pour recueillir l'adhésion des
français.
Quelque chose me dit que la chasse au leadership risque de commencer...les masques
vont tomber,.
Encore une fois.
Mais je peux me tromper!...
A écouter une interview de François Bayrou sur Europe 1 :
Vidéo
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