La question peut surprendre et même faire sourire tant le scénario Sarkozy-candidat semble connu de tous. Personne ou pas grand monde n'imagine qu'il pourrait renoncer, ni dans son entourage, ni parmi ses adversaires (ou presque), ni même dans les médias. Cette hypothèse repose toutefois sur différents points :
Déjà, il y a deux ans, Carla Bruni-Sarkozy, envisageait elle-même que son époux ne soit pas candidat à sa propre succession. Elle déclarait alors : « En tant qu'épouse, comme ça, dans l'intimité, un mandat pour Sarkozy ça me suffirait » .
Depuis, il y a eu la petite Giulia qui, bien que pitchounette, pourrait peser dans la balance d'un équilibre familial auquel le « jeune » couple pourrait légitimement aspirer.
Nicolas Sarkozy est un homme de pouvoir et il a tout fait pour y arriver. Il a travaillé avec acharnement et énergie, et ça on ne peut pas le lui enlever. Mais arrivé au sommet de l'Etat, le pouvoir l'a grisé et il a étalé outrageusement sa réussite par son côté bling bling à en écœurer ceux-là même qui l'ont suivi et soutenu. Il n’a pas su mener les réformes comme il s’y était engagé, faisant souvent un pas en avant et deux pas en arrière.
Nicolas Sarkozy, très bas dans les sondages, n'aura pas un bilan positif à présenter aux français. Même si la crise au début de son mandat ne lui a pas facilité les choses. Mais sa mesure-phare, la « loi TEPA » avec en vedette le fameux bouclier fiscal (supprimé depuis) n'a fait qu'aggraver la situation. Il devra donc se lancer pour un face à face avec les français qui se sont sentis trahis, malmenés, divisés, méprisés sinon pire. Il aura à affronter son image dans les yeux de celles et ceux qui lui ont donné leur confiance et leurs espoirs. Il sera devant ses juges, les électeurs, qui ne seront plus dupes de fausses promesses données à coup de slogans mensongers. Il y a un monde entre la France de 2007 et celle de 2012. Il le sait. Il était conquérant d'un peuple presque acquis d'avance. Il sera demain un candidat dépourvu de sa superbe, de ses fausses certitudes, et dont le costume de Président a été trop grand pour lui.
L’affaire Karachi liée aux ventes d’armes au Pakistan et à l’Arabie Saoudite dans les années 90 semble toucher de près l'actuel Président. Si l'enquête donne des éléments probants impliquant le chef de l'Etat, comment pourrait-il solliciter les suffrages des français sans risquer un revers qui mettrait un terme à sa carrière politique ?
Il semblerait qu'il ait l'intention d'écrire un livre et de se mettre à nu . Sans doute un mélange de mea culpa et de justifications pour redorer son image et mieux revenir en 2017 ?
On peut donc imaginer que Nicolas Sarkozy se mette au vert le temps d'un quinquennat, profitant de sa famille ou postulant à une haute fonction au niveau européen ou international.
On ne s'étonnera pas si ses ambitions dépassent nos frontières.
Les candidats à sa succession ne manqueraient pas. Fillon, Coppé ou encore Juppé. Ce dernier a quand même évoqué à mots à peine couverts qu'il pourrait se présenter si Sarkozy n'y allait pas . Il s'est toujours dit disponible si les circonstances l'exigeaient. A-t-il un pressentiment ou des informations lui laissant penser que c'est possible pour lui ?
De plus, Nicolas Sarkozy aurait évoqué recemment la possibilité d'une défaite , est-ce bien la posture d’un futur candidat que d’imagier la défaite avant d’entrer en campagne. Comment un capitaine peut-il prendre la mer s’il pense au naufrage ?
Si c’était le cas, le premier bénéficiaire en serait certainement François Bayrou qui capitaliserait une grande partie des votes de la droite modérée et du centre-droit. Et alors l’élection présidentielle aurait un tout autre visage…
Qui sait ? Après tout, n'était-ce pas Nicolas Sarkozy lui-même qui disait en 2007 : « Tout devient possible » ? En 2012 on pourrait dire : « Tout est devenu possible » !
On a eu le coup de théâtre DSK, aura-t-on celui de Nicolas Sarkozy ?
.
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires


Derniers Commentaires